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Création de série TV- contre la psychiatrie
25 avril 2009
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S.T.R.E.S.S
Création série TV- Antipsychiatrie
Voilà, je m’appelle Laurence, j’ai 37 ans, je suis, avec quelques personnes, en train de créer une série TV qui traite de la psychiatrie, (avec une psychiatre déjantée adepte de l’antipsychiatrie).
Nous sommes plusieurs à bosser sur ce projet qui me tient vraiment à cœur..; ayant été personnellement confrontée à ce terrible milieu...
Nous créons une association loi 1901, c’est à dire a but non lucratif, les fonds proviendront des cotisations des adhérents (actifs ou passifs) ou des subventions, que l’on voudra bien nous attribuer, voir des dons (on aime rêver) et qui n’auront qu’un seul but : financer la série.
Tout ça pour vous dire que vos témoignages, vos idées, vos histoires, voir vos adhésions à ce projet m’intéressent.
La psychiatrie est un milieu dans lequel les abominables pratiques sont ignorées (volontairement ou pas) par énormément de gens…et c’est un sujet qui mérite d’être exploité pour mettre enfin à nu ces procédés inacceptables.
Une série à la “HOUSE” au féminin qui traite de toutes ces horreurs psychiatriques qui restent ignorées voir balayées volontairement du quotidien…
Le premier épisode de la série qui se nomme S.T.R.E.S.S est en cours d’écriture…dès qu’il sera terminé j’en posterai un extrait sur ce site…
Je vous attends nombreux pour me compter votre histoire, vos témoignages, même votre participation à l’écriture des scénarios, voir du tournage…
Merci à Jean-Sylvestre de me permettre de passer cette annonce sur son site.
Bises à toutes et à tous.
Laurence
Pour me contacter : lolemad@live.fr
Témoignage poignant
Témoignage de Jean-sylvestre THEPENIER , auteur du livre « Je suis vivant ou la drogue pas question »
Hôpital psychiatrique de Villejuif 1970
Il paraît que ce sont les flics qui m’ont retrouvé inanimé. Hôpital, tubage et en désintoxication chez le docteur Olivenstein à Villejuif. Je ne l’ai pas dit je
crois, mais j’y avais déjà été une fois, mais cette fois-ci, c’est en service
fermé. Il y a une pièce dans le service de ce docteur où les toxicos peuvent
peindre ce qu’ils veulent, il y a des dessins assez chouettes. J’y rencontre un gars qui a pris en Inde une dose de LSD trop forte, depuis, de temps en temps, il s’assoit en tailleur et nous dit qu’il est le Christ.
Un jour avec un copain, on fait le mur mais sans rien pouvoir acheter, car Olivenstein avait fait dire aux apothicaires de ne pas vendre d’amphés, et l’on court les pharmacies. Au retour, des infirmiers nous attrapent, prise de sang, et Olivenstein me dit que j’ai pris du speed (amphétamine), que le résultat de l’analyse le prouve. Je ne pige pas, Car j’ai rien pris depuis plusieurs semaines. On me met dans un autre service et l’on me file un médicament.
Peu â peu, ma tête tombe, se penche sur mon épaule, et je ne peux pas la
redresser, je panique, j’ai l’impression que mon cou va se casser. Je gueule, engueule. On m’enferme dans une pièce capitonnée, en slip, j’ai beau taper contre la porte mes poings rebondissent, personne ne vient. Mon angoisse monte, j’ai l’impression que je deviens fou. En réalité, je deviens fou. Je voudrais tellement que l’on m’écoute, que quelqu’un vienne me voir, ne plus être seul, et je suis là, en slip, le cou tordu à hurler de désespoir.
Combien de jours, de nuits ou d’heures, je ne sais pas. Une éternité. La porte s’ouvre, j’ai dû être sage, j’ai dû les satisfaire, car on vient me donner une feuille de papier avec un crayon, qu’ils sont gentils avec moi, je les embrasserais, mais la porte se referme. Alors je dessine un visage torturé,
craquelé, comme par un tremblement de terre, avec des mains squelettiques qui sortent de la tête, les yeux injectés de sang, des crocs de vampire. En dessinant, je sens que je reprend possession de mon corps. Les morceaux se sont réunis. J’ai enfin sauté à pieds joints dans ma folie. A l’hôpital psychiatrique, j’y suis resté deux mois, deux longs mois, et puis le
juge a donné l’autorisation de me lâcher. Je passe chez mes parents. II paraît que j’avais perdu la mémoire. Je ne sais pas.
Séjour à st Anne 1971
Mon père est venu me chercher et l’on vient de m’enfermer à Sainte-Anne, en
service fermé. L’oiseau est en cage. IL y en a un qui gueule tout le temps en bavant. Un autre, énorme, avec un visage de bébé, une voix pleurnicharde qui se balance d’avant en arrière. IL touche chez moi une corde sensible, pleure sans arrêt car on se fiche de lui. De temps en temps, il se met en colère et s’arrête brusquement, honteux de sa réaction, et s’enfuit se cacher.
Un marseillais frimeur m’apprend à jouer à la crapette. Et puis, il y a les
infirmiers qui nous gardent parqués, ne faisant leur métier que parce qu’ils
sont payés. Le sport préféré de tous ces oiseaux aux ailes brisées c’est la chasse aux mégots. Oh ! Il faut avoir de la persévérance ! Il faut suivre le futur mégot qui vient d’être allumé, pas à pas, sans se faire trop repérer et puis écarter les autres chasseurs qui prendraient ta place.
Avant que la clope soit mégot, on se précipite pour la mendier, quitte à se faire rabrouer, et quand elle arrive dans le cendrier, petit bout tout mâchonné, la prendre délicatement, trésor merveilleux, pour la rallumer, ne tirer qu’une ou deux taffes avant de se brûler les lèvres. Mais c’est tellement bon, et puis on n’a que cela à faire.
Le long couloir nous permet, quand les médicaments ne nous ont pas trop
assommés, de faire quelques glissades qui soulèvent des cris, car on bouscule, on gène. Le dortoir est assez immonde, trente ou quarante personnes réunies, puant la sueur et le tabac. La sortie nous est bloquée par deux portes verrouillées. Un jour, j’en ai marre, je commence à donner des coups de pieds et des coups de poings dans la porte, c’est trop dur d’être enfermé. Un infirmier immense arrive, me bloque avec son ventre contre la porte.
Je me retrouve dans une espèce de cellule, me débattant, les salauds, ils
m’attachent. J’ai droit à la camisole de force, espèce de chemise avec de
longues, longues manches qui passent sur les mains et qui servent à croiser les bras sur la poitrine et qui s’attachent au montant du lit. La porte se ferme et la lumière s’éteint.
J’appelle doucement : « S’il vous plaît, 'pas de réponse', s’il vous plaît, vous pouvez allumer la lumière, s’il vous plaît, j’ai peur »
Alors, j’ose hausser le ton un peu plus fort :
« S’il vous plaît ».
Toujours pas de réponse. Je supplie en pleurant.« S’il vous plaît, détachez-moi, j’ai peur ».
Je hurle :
« S’il vous plaît, détachez-moi ».
Toujours pas de réponse. Alors, je fait une espèce de galipette et avec mon pied, j’essaie d’atteindre la poignée de la porte.
Après plusieurs essais, j’arrive à l’ouvrir. Je recommence mes supplications.
Putain de saloperie d’infirmiers, et dire que c’est ça qui doit me soigner.
Ils sont venus, pas pour me rassurer, me dire que je ne dois pas avoir peur, non, pas pour cela, uniquement pour m’attacher aussi les pieds. Je bascule. Plus un mot ne sort de ma bouche, rien qu’un léger sanglot bercé de larmes.
Je sais qu’ils ne viendront plus.
Doit-on traiter des êtres humains comme des
animaux uniquement parce qu’on ne les comprend pas ?
Mais savez-vous que l’on vit, pense, pleure aussi ? Nous avez-vous seulement vus ?
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